Underground Surfers
Yo !
Apres deux flics à Miami et Point Break où la coolitude est en duo, voici l’histoire de deux cools dans le RER…j’ai pris sous mon aile Alan qui a un potentiel assez incroyable en matière de power attitude ! Ce matin, Al vient me chercher dans sa mouthmobile à 7h30, direction la gare de Verneuil ( on change un peu de terrain de chasse..). Arrivé sur le quai, notre démarche affirmée nous place déjà en position de leaders par rapport à la populasse attentiste et inintéressante déjà en train de s’impatienter depuis une demi-heure, de peur de rater le train de 07h47..Celui ci arrive…, on monte.. et on aborde une discussion assez énorme ! On commence à tripper aux dépens des passagers ! Quand on est serré les uns contre les autres, la cravate nous broyant la gorge avec impossibilité totale de bouger, et qu’Alan sort à voix haute, « Fais chier, j’arrive plus à me gratter les couilles !! », alors forcément la meuf de devant ne peut s’empêcher de nous regarder avec un soufflement de ras le bol assez déconcertant…Le trajet jusqu’à Saint Lazare se poursuit dans la bonne humeur, à mêler vocabulaire scatologique et procédures judiciaires, pour notre plus grand plaisir, et leur plus grande incompréhension…Arrivé sur le quai, un ptit check, et c’est parti ! Tel deux surfers largués au milieu de l’océan , deux snowboarders déposés en hélico, ou deux Sky jumper arrivés à la hauteur optimale pour se jeter dans le vide, c’est l’heure de notre ride… On resserre nos cravates, posage des écouteurs, et le trip commence, calcul d’un itinéraire, une légère impulsion, un passage qui se dessine, slalom entre les passagers, esquive d’une porte, prise de carre, le tout en parfaite harmonie, chaque pas rythmé par les bass du morceau de Mf Doom choisi pour ce ride de quelques minutes. A l’arrivée, petit regard en arrière pour visualiser ce parcours, petit air de satisfaction en observant la multitude de galériens non habitués à ce genre de cessions…C’est l’Underground Surf, un véritable moyen d’exprimer le style du Financial streetwear dans la panique et la cohue des grèves. Pour beaucoup, il s’agit d’un périple à marcher au pas, à éviter tant bien que mal la valise à roulettes ou le pied du voisin. Pour nous, c’est une source d’adrénaline, un état d’esprit que l’on ne retrouve que chez peu de pratiquants. Effacer le temps, surfer sur le présent…