Un peu d'histoire...

Publié le par Nico2Z

Cher tous, je pensai être un précurseur en matière d'études sur le cool, je me rends compte que non...

Ci-dessous l'interview d'un philosophe allemand ayant étudié le sujet!

"Y a-t-il une coolitude après la prime jeunesse ? Apparemment oui, et l'écrivain munichois Ulf Poschardt l'a érigée en philosophie. Il faut dire que le sujet le fascine depuis longtemps.

 Ulf Poschardt : Le mot " cool ", qui veut littéralement dire " frais " est associé à un sentiment agréable, à une situation dans laquelle on se sent bien. Et les jeunes utilisent le mot " cool " parce que c'est branché, mais j'étais très tôt fasciné de voir qu'on pouvait s'enthousiasmer pour une architecture fraîche, une musique fraîche, des vidéos fraîche.

 Dans son ouvrage de 500 pages, Ulf Poschardt a retracé avec soin l'historique de la coolitude, de l'Antiquité grecque jusqu'aux temps modernes. On y apprend par exemple qu'à l'origine, le mot " cool " ne désignait pas une attitude existentielle mais qu'il s'agissait d'un slogan du mouvement américain pour le droit des citoyens.

 Ulf Poschardt : " Keep cool " signifiait non seulement garder sa dignité, mais aussi faire preuve de combativité. Par le stoïcisme, par l'apathie, on a commencé à se constituer une carapace pour se protéger et ce n'est qu'après qu'on est devenu offensif. De là, cette citation fameuse : " Keep cool and don't forget, I am in a splendid fighting condition ".

 Cool mais prêt à en découdre. Pour les Noirs américains, c'est une façon comme une autre de conserver leur dignité dans une Amérique résolument raciste. Ce mot d'ordre politique devint rapidement une sorte de label culturel qui allait trouver toute son expression dans le " cool jazz " de Miles Davis ou de Chet Backer.

 La théorie de Poschardt est très imagée : les nouveaux mouvements jaillissent comme des volcans, dont les coulées de laves roulent vers des déviations plus prévisibles.

 Ainsi le déhanchement lascif d'Elvis Presley s'est progressivement transformé, et a finalement débouché sur l'attitude glaciale et figée de Brian Ferry. La pop-music est le thermomètre d'un monde qui va en se refroidissant.

 L'explosion du punk a été froide et agressive. Le new-wave, qui a suivi, canalisait beaucoup plus son énergie. La musique froide devient le symbole d'un mode de vie nouveau à l'âge de l'électronique.  

 

 

 Ulf Poschardt : C'est la raison pour laquelle tant de gens aiment écouter ce genre de musique. Parce que cette musique leur montre que, dans ce monde froid, technique, informatisé et numérisé, il y a moyen de s'en sortir sain et sauf. Il suffit en somme de pactiser avec la menace.

 Très tôt, le groupe Kraftwerk a démontré où ce pacte avec la froideur pouvait mener. L'homme devient machine, alors que paradoxalement, la machine s'humanise.  Ulf Poschardt voit son livre comme une recette. Seul ceux qui sont cool survivront à la froideur du monde moderne.

 Ulf Poschardt : Au moins, tente le coup. Utilise le vent glacial de l'aliénation. Hisse ta voile et navigue jusqu'à ton but. Essaie de réaliser ces choses qui se trouvent dans cette tension entre autodestruction et libération.

 Ulf Poschardt aime réfléchir sur des questions liées au temps. Mais lui-même, est-il cool ?

 Ulf Poschardt : J'ai une idée très simple sur la question. On ne peut pas y penser et l'être en même temps.   

 

 

 Dommage. Ulf a inventé une façon de voir le monde avant de se rendre compte qu'elle ne s'appliquait pas à lui.  Par contre, il a écrit un livre sur la question, ce qui est tout de même assez cool."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans La vie d'un cool

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