Surfin' spirit..
"Les vagues meurent. Et quand elles meurent elles se retirent, c'est toute une économie qui reflue avec elles.Fragiles, elles subissent les aménagements côtiers et s'essouflent lorsque le béton plonge dans l'océan, modifie les courants et altère leur alchimie complexe. Pour une belle vague, il faut une conjugaison des facteurs savamment dosés. Une forte houle, venue du large, d'une zone dépressionnaire face à la côte. Un fond abrupt, qui lève les flots lorsque la lame approche et le heurte de tout sa vitesse. Enfin une belle côte et un relief marin bien dessiné, qui donneront à la vague son harmonie. Bref des conditions rares pour réunir les quatre critères sacrés des surfeurs: rapidité, puissance, régularité et une vague qui ouvre, c'est à dire qui casse progressivement en s'enroulant sur elle-même. Les meilleurs spots du monde sont au yeux des passionnés de vrais trésors. Ils justifient tous les voyages. toutes les dépenses. Certains accèdent même au rang de mythe. Mais lorsque le délicat phénomène disparait, les admirateurs, eux aussi, se replient. Ils cherchent ailleurs les ingrédients du frisson. Dommage. Car les jeunes routards d'hier, avec leurs cheveux décolorés leurs poches percées et leur camionette-couchette-réchaud, sont pour beaucoup devenus des cadres biens payés, la planche de surf accrochée sur le toit d'un 4*4 de luxe et la petite famille blottie sur la banquette arrière." Source: Libération
(Merci à Olive pour sa contribution..)