"Le plus beau métier du monde"

Publié le par Nico2Z

Bon, quitte à rester dans une optique de personnage pas cool, laissez moi vous raconter mes débuts dans la vie professionnelle.

Avant de marquer de mon empreinte les grands cabinets d’Audit, et les banques, j’ai commencé par faire mes armes dans l’intérim.. Je ne parle pas d’un travail de banquier intérimaire , mais plus de manutention, déménagements…En fait tous les boulots d’été, qui me permettait d’avoir des tunes pour acheter des trucs cool (un fausse sortie d’échappement pour ma ford Ka, un stage de surf…). Bref toujours est-il que je garde un souvenir assez mitigé de mon été 2000. A l’époque, je cherchais un job correspondant à ce que les anti CPE d’aujourd’hui recherchent ..: bien payé, et d’où on se fait pas virer. Après avoir été viré une première fois d’un magasin de jouets dans lequel la caméra de surveillance m’avait surpris en plein calin avec serpent en peluche…, puis après avoir failli être dégagé de l’usine Renault parce que le responsable sécurité n’appréciait pas que je me rende d’une machine à l’autre en skate…j’ai décidé de chercher un travail plus COOL. 

Me voilà donc à arpenter les agences d’intérims, où l’on me propose le travail en or : bosser dans la blanchisserie d’un hôpital, dans un cadre exclusivement féminin, à raison de 4 jours par semaine, le tout payé 500 frs par jour. Direct, je rentre chez moi bien motivé à annoncer le wonderful job que je venais de dégoter. J’ai rendez vous avec la boss de la blanchisserie à 7.00 Am le lundi. A 6h45, j’étais sur le parking, la tête dans le paté, mais bien motivé. La dame arrive, et me présente à l’équipe… 25 femmes pour la majorité Sénégalaises et Portugaises, connaissant leur travail par cœur. En gros, il consiste à récupérer les draps propres sortant de la machine , les poser sur un tapis, les récupérer 3 minutes plus tard pliés, et les mettre dans un chariot. Toutes les 20 minutes pause pipi, et dix minutes après pause café… Vous imaginez à quel point j’ai vite appris à être un bon employé !! Après 4 cafés et à peu près l’équivalent en pipi, l’heure du repas arrive. Je rentre à la maison, le sourire aux lèvres, absolument persuadé d’avoir trouvé le métier qui me satisferait le reste de ma vie !

 Deux jours se passent, des intérimaires plus jeunes arrivent, on fait connaissance, on discute de cette merveilleuse entreprise nous donnant un si merveilleux salaire pour un si merveilleux travail… Le troisième jour, le rêve prend subitement fin. Ma boss vient me voir et dit : « Nicolas, j’ai un service à vous demander… Comme vous êtes le seul garçon présent dans le service, j’aurai besoin que vous vous portiez volontaire pour aller travailler au linge sale…» Je lui dis « Arghhhh, il y a un servie linge sale aussi ? » ( je devais être encore plus con qu’aujourd’hui, parce que ça me paraît logique 5 ans plus tard ). Je n’ose pas lui dire non, voyant les regards des 25 employées me fixant d’un air sévère , mais à la fois empli de compassion et de peine. J’y vais, je me dis, « pff, du linge sale, t’en vois tous les jours dans ta chambre, ici c’est la même sauf que c’est pas le tien ! »

 

 

Arrivé dans l’entre chambre de la puanteur, je découvre avec stupéfaction mon lieu de travail, un lavoir avec trois seaux à mes pieds sur lesquels je peux lire trois inscriptions, « Sale », « Très sale » et « A Jeter »..Au dessus de moi, un rail sur lequel était fixés de gros sacs sur lesquels étaient indiqués l’hôpital ainsi que le service d’où le linge provenait. Je comprends alors vite le but du taf : ouvrir le sac, faire tomber la totalité de son contenu dans le lavoir, et  faire la répartition dans les trois seaux. Je commence par un premier sac assez gore qui venait du service gastrologie d’une maison de retraite… Ok, je vous passe les détails, tout est parti dans le seau « A jeter ».. Après une dizaine de sacs, passant de la maternité à la chirurgie, en retrouvant des seringues, scalpels, excréments, sang…le tout dans une odeur des plus nauséabonde, je rentre chez moi manger. Je garde en mémoire ce visage de maman me voyant revenir la blouse pleine de sang et de merde..  « Alors ? toujours le plus beau métier du monde ? » 

 

Je repart l’après midi, pas hyper motivé à l’idée de repartir pour 4 heures dans une atmosphère de puanteur… Je recommence mais malheureusement, le plat du midi ne passe pas..Au cours d’une confrontation avec un drap housse couleur Milka, je balance mon repas dans l’un des trois récipients prévu à cet effet. La fin de la journée arrive, et au moment de partir, mon pied glisse maladroitement dans un des trois seaux, et me fait perdre l’équillibre. Je me retrouve le nez dans une couche de vieux pleine d’urine. Beuark, séance de vomissements à répétition sur place, sous le regard inquiet de ma boss. Je vais vers elle, et lui fait comprendre qu ‘elle ne me reverra plus. Cet épisode est je crois le pire que j’ai eu à vivre en milieu « professionnel »..

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Publié dans La vie d'un cool

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N
Dure la vie d'interimaire!<br /> A la meme epoque, j'etais charge de surveiller la caisse qui receuillait des miettes de croutons a l'ail pour la soupe... Un metier d'avenir.
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N
Hardcore? Mes articles ? A part celui là qui est je le reconnais un peu limite, je vois pas ce que les autres oont d'hardcore...Remarque si l'on prend l'histoire de mes chiottes bouchées + celle de gerbator + celle de la promission, je reconnais que c'est un peu bourrin!! C'est ouf c'est la première fois qu'on me le fait remarquer!! Merci, je vais m'analyser un peu..;
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N
Ils sont quand même hardcores tes articles :-)
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