Le petit Nicolas
Le premier épisode où j’ai véritablement pris conscience que j’étais un cool remonte à la maternelle, lors d’un goûter d’anniversaire où il fallait venir déguisé. Vous imaginez bien qu’à six ans, j’avais pas encore l’esprit pervers d’aujourd’hui…Je n’ai donc pas piqué le soutif de maman, les paillettes et les talons aiguilles pour me déguiser en travelo.. Non, à cette époque, j’étais le petit garçon gentil, timide, qui ne rêvait que d’une chose, attraper des lézards avec un lasso, et tirer au pistolet à pétards ! J’ai donc participé à ce goûter, habillé en cow boy. Les déguisements n’étaient pas à la mode à Lagos, autant vous dire que les fringues de John Wayne en 1985, c’était pas aussi facile à trouver qu’une tenue d’Harry Potter dans un Toys R us aujourd’hui. Mais bon, on a fait avec les moyens du bord, un jean, une chemise, un bandana, et des bretelles, pour le flingue, on en avait des vrais, donc pas besoin de vieux trucs en plastique avec le bouchon rouge au bout… Le goûter se passe tranquillement, entre cools déguisés en Merlin, en princesse, et en indiens, à boire du Ribena (boisson au raisins), et à manger des smarties, jusqu’au moment où la mère d’un des gamins a la formidable idée de nous faire faire de la peinture ! Pff connasse… Comme si John Wayne avait l’habitude de jouer au pinceau. A la rigueur faire des tags sur la robe des princesses je veux bien, mais non ,à 6 ans on considère que peindre un chien avec de la peinture à l’eau est une activité artistique..Soit, je peins.. Malheureusement, la coolitude n’était pas encore totalement développée chez moi à cette époque , par contre la loose oui.
De plus qu’à six ans, on ne comprend pas forcément bien pourquoi il y a des enfants noirs, des blancs, et des rouges ( c’était mon pote anglais, rouge comme un cul..héhé). Bref, toujours est-il que j’ai voulu peindre mon pote Anglais en noir pour le faire ressembler à mon pote Nigérian…Pas bien…L’anglais trouve pas ça drôle et me renverse la peinture sur la gueule.. Noir de la tête au pied ! Tout le monde rit, moi je pleure, et pleure encore plus fort. Mon habit de cow boy détruit, mon bandant rouge tout sale, et la princesse que je courtisais ne veut plus me parler ! L’horreur ! En prime, je gagne le droit d’aller me faire laver par la nounou des gens chez qui on était.. Je finis donc à Oilp, à 6 ans devant une dame que je ne connais pas, et qui doit me laver !!! Une histoire qui à marqué mon esprit comme le bain que j’ai le plus détesté !